Design Ecoresponsable

Ligne pédagogique

a- structure de formation

 Les contenus de formation s’appuient sur les référentiels officiels, et sont enrichis par les compétences particulières de l’équipe enseignante (technologie appliquée, infographie appliquée, sémiologie appliquée, marketing, conduite du projet dans les domaines particuliers des arts appliqués…).

Le projet pédagogique s’appuie sur les compétences spécifiques des enseignants et des intervenants professionnels dans les différents domaines du design afin d’engager une réflexion globale sur des sujets connexes (objet-archi, archi-com, objet-com, et  les trois domaines associés).

Les différentes activités s’effectuent en équipes mixtes d’étudiants, de professeurs et d’intervenants extérieurs afin de confronter les compétences, de les investir dans les projets, d’échanger.

Dans cette optique, la formation est organisée en modules de manière à optimiser les compétences. Les enseignants et les professionnels associés interviennent ponctuellement et précisément sur les territoires et dans les temps du projet appropriés. De plus cela permet également d’organiser le temps de travail en fonction des besoins (documentation, visite sur site, réflexion d’équipe…).

La formation informatique dispensée est dans la mesure du possible adaptée aux options des étudiants afin de les aider à compléter leurs compétences.

Par ailleurs, la problématique de « l’éco-conception » est le squelette de l’approche en design dispensée en DSAA. Cette dimension est aujourd’hui tout aussi incontournable d’un point de vue éthique qu’économique.

Aménagement Urbain facilitant le tri sélectif sur la ville de La Souterraine, 2008-2011, projet mené en collaboration avec le SIERS

b- L’éco-conception : une logique d’avenir pour le design

 Qu’est-ce que l’éco-conception ?

« Par définition, l’éco-conception ne peut se développer que grâce à l’implication des entreprises dont les enjeux sont nombreux en terme de gains économiques, d’image et de différenciation sur le marché. Il s’agit tout à la fois :

– de mieux maîtriser les risques et les coûts liés au cycle de vie des produits,

– d’anticiper les attentes naissantes des donneurs d’ordre ou des consommateurs, favorables à une meilleure prise en compte de l’environnement,

– ou encore de faire de l’environnement un facteur nouveau de dynamisation et de créativité lors des processus de création et de conception de produit.

Toutes les entreprises qui peuvent agir directement ou indirectement sur la conception ou l’amélioration des produits sont concernées par l’éco-conception.L‘éco-conception consiste à intégrer l’environnement dès la phase de conception des produits, qu’il s’agisse de biens, de services. Cette intégration repose sur une approche globale et multicritères de l’environnement et est fondée sur la prise en compte de toutes les étapes du cycle de vie des produits. » Source : ADEME

Il apparaît ainsi que l’éco-conception s’établit en terme de « démarche ». Autrement dit, il s’agit d’une prise en compte globale de tout le cycle de vie de l’objet : de l’idée à la production, de sa commercialisation jusqu’à sa fin de vie ou son éventuelle seconde vie. Cette attitude s’avère donc complexe. Il s’agit d’être capable d’intervenir ponctuellement dans un processus déjà établi, ou d’innover en inventant et programmant de nouvelles solutions, d’être capable d’imprégner l’ensemble des maillons de la conception, de la fabrication, de la distribution, de la vente, de l’usage. Ceci touche l’ensemble des domaines de l’artisanat à l’industrie de pointe.

Il ne faut pas limiter l’éco-conception à l’emploi de matériaux dits « verts ». Si ces derniers participent inévitablement de l’éco-conception, celle-ci est, plus que toute autre démarche, protéiforme. Eco-concevoir, c’est être capable d’étudier les scénarios de consommation, être à même de maîtriser les techniques marketing, de reconsidérer les méthodes, les outils et les techniques de production ou encore de revaloriser des secteurs en perte de vitesse.

Tusbee, complément bureautique, projet primé concours Bruneau 2009, Jean Baptiste Guesne & Cyrille Cambien

En somme cette attitude nécessite une vue d’ensemble des projets et une capacité à s’adapter dans une dynamique favorisant le développement économique et éthique.

 Une logique d’avenir pour le design

Le développement durable et les questions corollaires qu’il soulève sont incontournables actuellement quel que soit le domaine de création. Cette prise en compte récente de l’impact de nos modes de vie et de consommation sur nos éco-systèmes doit devenir une attitude réflexe chez les jeunes créatifs, sans pour autant nuire à la compétitivité et au potentiel d’innovation des entreprises. Si les gestes « éco-citoyens » en aval de la chaîne de consommation sont des actes individuels majeurs, l’essentiel de la philosophie éco-responsable doit être élaborée en amont de la fabrication et de la commercialisation des produits et services. On parle alors réellement d’ « éco-conception ». Cette dernière ayant trop souvent tendance à ne rester qu’au stade trompeur d’argument marketing, de façade (au mieux de bonne intention de départ vite abandonnée), il devient nécessaire de former des étudiants capables de s’inscrire foncièrement dans cette démarche, sachant sensibiliser les industriels et gérer à toutes les étapes de projet, l’élaboration et la résolution de problématiques portant sur la réalisation de produits raisonnés.

Le but de cette formation est donc d’initier une pensée en design qui permette un développement économique dans un souci permanent de respect des générations futures.

Packaging en PLA pour la société Chavegrand, 2010, Audrey Bertacchini

 

L’écoresponsabilité

La formation est établie sur une philosophie de design responsable. Au delà de l’éco conception cette appellation marque une volonté de raisonner l’élaboration en design au travers de projets aidant au développement d’entreprises, favorisant l’humain au coeur du projet et valorisant les savoir-faire patrimoniaux.

Dans la région, de nombreux groupes touchent à des activités spécifiques pour lesquelles les notions liées à la conception et à l’éco-conception s’imposent avec de plus en plus de force : métiers de l’événementiel, création de stand, packaging et emballage, qui, par leur caractère fugace, éphémère, posent les questions du devenir des matériaux, de leur nature, de l’optimisation des énergies sollicitées, du recyclage… Conjointement à ces préoccupations de portée nationale, voire internationale, la pensée créative passe également par une dynamique de niveau local fondée sur la valorisation des savoir-faire à travers l’artisanat et la moyenne série.

Le design responsable engage la vision éthique du designer qui doit aujourd’hui s’emparer de nouvelles questions de société comme l’élaboration de projets liés à la question de l’accessibilité des lieux publics, des handicaps, du maintien des personnes âgées à domicile, etc.

Clipy, objet se greffant sur les béquilles, projet finaliste concours Handitec 2010, Caroline Dufroux, Marine Crespy, Alexis Dupuy & Florian Galais
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